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Chapitre 06-2

    Il suffisait parfois d'une musique pour transformer tout l'aspect de la rue. Elle pouvait prendre les couleurs du jazz noir, de l'opérette ou de l'accordéon au fil de l'eau. Elle pouvait aussi se parer de poésie bucolique grâce à la figure anachronique du marchand de fromages de chèvre qui venait une fois par semaine, le mardi, et se tenait au coin des rues Nicolet et Bachelet. Il soufflait dans un instrument de celluloïd en forme de flûte de Pan et les enfants étaient les premiers à accourir pour admirer trois chèvres dont ils touchaient les cornes avec des gestes craintifs de jeunes citadins.
    On entendait de très loin les modulations de l'instrument champêtre aux sons peu nuancés, mais qui avaient quelque chose de sautillant et de frivole avec parfois une note plus mélancolique. Les femmes venaient acheter les fromages ronds à croûte bleue garantis "pure chèvre" tirés d'un panier d'osier plein de feuilles et d'herbes humides qui sentaient un peu fort. À tous, cela rappelait quelque coin de campagne. Certains jours, il était possible de lui acheter un bol de lait et l'homme trayait une chèvre devant vous. Quand il n'avait plus de clients, il repartait et les enfants le suivaient longtemps en faisant : "Béée, bééée..." dans l'espoir d'entendre les trois chèvres (Biquette, Cabrette et Blanchette) leur répondre.
    La rue avait ses bêtes : les chiens, bâtards pour la plupart, les chats ronronnant sur les croisées, les serins en cage avec leur mouron et leur os de seiche, les poissons rouges en bocal, les pigeons et les piafs, les chauves-souris en velours gris que les enfants visaient de leurs lance-pierres, les ânes des voitures de chiffonniers, les percherons des chariots de livraison, les rats qui encombraient les caves et se montraient parfois assez hardis pour paraître au grand jour, sans oublier les élevages du père Bougras qui n'en finissait jamais de partager son pain avec les bêtes.
    Aux grands jours, quelque bateleur s'arrêtait avec son singe ou son ours qui dansait au son d'un harmonica, cependant que les chiens du quartier grognaient à distance respectueuse. Les jours d'été, quand la fenêtre était ouverte, on entendait le perroquet de Mme Papa qui criait : "As-tu fermé l'gaz, l'gaz et l'eau, et l'eau..." Dans des jardinets, on trouvait encore des tortues, sur des murs des escargots, sous une pierre un crapaud. Le jour du Bœuf Gras dont la tradition agonisait, on présentait le lauréat : une superbe bête aux cornes fleuries, à la terrasse du "Café des Artistes", avec une plaque verte à lettres dorées et une pancarte donnant le nom du boucher qui l'avait acquis et cela prenait un aspect païen de fête antique.
    Auprès de ce bestiaire des villes, il en existait un autre, aussi excitant pour l'imagination, auquel Olivier, comme tous les enfants, était attaché, les adultes, eux, n'y prêtant guère attention. On trouvait dans cette zoologie particulière l'emblème au béret du louveteau, le lion blanc de l'amidon Rémy et celui noir du cirage, le crocodile des premières chemises Lacoste, la cocotte de la Poule au Pot au-dessus de sa marmite fumante, le pingouin Alfred auprès de Zig et Puce, Mickey et ses comparses, Félix-le-Chat, le vieux Gédéon de Benjamin Rabier et l'éléphant Babar qui venait de naître, les petits chevaux du jeu, les héros des fables de La Fontaine et de Florian, le jeu de la girafe qui se jouait à cinq dés représentant chacun sur une face une partie de l'animal qu'il fallait reconstituer, le coq de Pathé-Journal, le kiwi australien de la pâte à chaussures, l'oie du pâté de foie, le jeu de la grenouille dans les préaux d'écoles, l'abeille ou l'aigle des assurances...
    Olivier aperçut de loin le béret basque du montreur de chèvres, un grand garçon maigre aux traits saillants qui ressemblait à l'acteur Pierre-Richard Wilm. Il s'approcha car il aimait entendre les sons modulés de la flûte et il espérait que le colporteur de fromages ronds en jouerait un air avant de reprendre son chemin. Il attendit sagement en touchant le poil rêche des chèvres. Elles avaient des yeux très doux et faisaient penser à des vieilles filles tristes les jours de pluie. Mais le berger des villes s'éloigna sans porter l'instrument champêtre à ses lèvres.
    Auprès d'Olivier se tenait une fillette de cinq ou six ans, brune, avec des sourcils arqués et des yeux comme des cailloux noirs illuminant un visage au menton pointu. Il prit cette petite renarde par la main et ils remontèrent la rue. Jouant au grand frère, il la raccompagna jusqu'à l'immeuble du 76 où son père était chapelier en chambre. Il lui dit : "Au revoir, Mimi !" et comme elle ignorait son prénom, elle répondit :
    "Au revoir, petit garçon !"
    Il s'apprêtait à traverser la rue pour pénétrer dans l'immeuble de ses cousins quand deux de la rue Bachelet, plus âgés que lui, Doudou et Emile (dit Pladner à cause du boxeur) vinrent, comme on disait, "lui chercher des crosses". Doudou cria :
    "Eh ! la fille...
    - Je suis pas une fille !" répondit noblement Olivier.
    Ils le toisèrent, le poussèrent du bout des doigts avec mépris en se le renvoyant de l'un à l'autre. Olivier faillit tomber, puis il tenta de contre-attaquer mais sans succès : leurs bras étaient plus longs que les siens. Si seulement Loulou et Capdeverre avaient été là ! Les garçons le bousculèrent de plus en plus brutalement et il ne put se garder des gifles cinglantes jetées à la volée. Il détestait les gifles, il préférait les coups de poing, même quand ils font plus mal. Il se défendait avec acharnement pour éviter cette "dérouillée" quand une voix de femme venant d'une fenêtre retentit :
    "Vous allez le laisser tranquille ?"
    Les deux escogriffes levèrent la tête et crièrent des injures :
    "La ferme, la Princesse, c'est pas vos oignons, on va pas l'abîmer le beau gosse..."
    Olivier profita de cette diversion pour leur échapper et s'engouffrer dans le couloir de l'immeuble. Il se crut sauvé mais Doudou et Pladner le poursuivirent dans l'escalier. Arriverait-il au troisième étage sans être rattrapé ? Mais soudain apparut le seul qui pouvait en imposer : le beau Mac. Il n'eut qu'à lever un sourcil sur un œil menaçant pour que les agresseurs d'Olivier fuient dans les escaliers à grands bruits de souliers.
    À son tour, Olivier, pris entre deux feux, tenta de s'échapper, mais Mac le saisit par le bras, le colla contre le mur et le regarda avec un sourire cruel. L'enfant s'immobilisa. Il en avait assez de tout cela : que Mac lui casse la figure, qu'il lui fasse tout le mal qu'il voudrait ! Il frémit cependant lorsqu'il se sentit soulevé de terre, croyant être jeté par-dessus la rampe de l'escalier. Mac, le tenant sous son bras, monta jusqu'à son sixième étage, là où le parquet n'est plus ciré, et entra dans sa chambre sans le lâcher. La porte refermée, il le jeta sur un sommier où son corps rebondit. Puis, les poings sur les hanches, il le toisa avec mépris, jetant :
    "Pauvre pomme ! Le roi de la raclée..."
    Olivier resta muet. Recroquevillé, ses genoux touchant son menton, il attendait que son destin fût fixé, avec un mince espoir d'être libéré. Mac ôta son chapeau mou et en coiffa un ballon de football, quitta sa veste, gratta une tache, donna quelques coups d'ongle sur le tissu, alluma une cigarette à bout de liège. Il ouvrit la fenêtre et parla avec Mado qui, à l'étage au-dessous, se tenait elle aussi à la croisée.
    Olivier ne comprit pas ce qu'ils disaient, mais il entendit prononcer "la pauvre pomme" et comprit qu'il s'agissait de lui. Il profita de l'inattention de son geôlier pour se déplacer silencieusement en direction de la porte, mais Mac se retourna brusquement et lui fit signe de revenir très exactement à l'endroit du sommier d'où il était parti. Terrorisé, l'enfant obéit.
    Alors Mac ajusta ses boutons de manchettes, desserra sa cravate à rayures et s'installa dans un fauteuil d'osier en posant ses pieds sur la table. Il lut le magazine "Détective" qui présentait les assassins de la semaine avec un titre rouge sang et des tons bistre soutenu. Le jour baissait imperceptiblement. Olivier dans un furtif mouvement de reptation cala son dos contre le mur et attendit il ne savait trop quoi. Parfois, Mac tapotait sur sa cigarette, croisait ou décroisait ses pieds. Il tournait les pages avec son index mouillé ou soufflait pour les décoller. Il semblait fasciné par ce qu'il lisait. Avec un air de shérif au repos, il jetait de temps en temps un regard froid en direction de son prisonnier pour lui signifier qu'il ne le perdait pas de vue.
    Olivier suivait les volutes de fumée bleue au-dessus de la tête de Mac. À un moment, cela fit un rond et Mac eut un mouvement crâneur. L'enfant se laissa aller à de nouvelles rêveries. Dans une pièce voisine, un phonographe nasillait "Parlez-moi d'amour". Après, ce fut "Un amour comme le nôtre". Sur les murs, l'enfant voyait des photographies fixées par des punaises, des visages de sportifs dont il tentait de lire les noms imprimés en caractères ventrus : Young Pérez, Kid Francis, Al Brown, Ladoumègue, Jean Taris, Charles Pelissier.
    Au-dessus du sommier, on distinguait Frédo Gardoni, l'accordéoniste, en chemise rose à fermeture Éclair, son piano à bretelles posé sur le genou gauche, trois disques accrochés à des clous pour faire décoratif, des photos d'artistes de cinéma : Anny Ondra, Rosine Deréan, Lily Damita, Marion Davis, Josseline Gaël. Il vit aussi une belle photographie de Mado avec une dédicace : "À Mac, mon copain-voisin" écrite avec une grosse encre bleue.
    Sur le sol, deux gants de boxe étaient pelotonnés comme des chats. Dans un coin, une pierre à évier avec un robinet qui fuyait, un verre contenant une brosse à dents et un tube de Pepsodent écrasé. Plus loin, sur une toile cirée, un réchaud à essence Tito-Landi, un moulin à café, une bouteille de fine et un siphon emmailloté dans un filet, quelques ustensiles de cuisine. Les costumes du beau Mac étaient réunis dans un renfoncement, derrière un rideau sur tringle. Tout paraissait misérable et bien éloigné du luxe vestimentaire affiché par l'homme.
    Après avoir écrasé son mégot dans une tasse et jeté son magazine sous la fenêtre, sur une pile de journaux, Mac s'étira et sortit d'un tiroir un revolver tout noir. Il le glissa dans sa ceinture et fit plusieurs fois de suite le geste de le tirer rapidement en le braquant sur un ennemi imaginaire qui se serait tenu derrière la porte d'entrée. Il s'assit près de l'enfant sur le sommier qui gémit, fit jouer le cran de sûreté de son arme, sortit le chargeur, le remit en place et, montrant le revolver à plat sur sa main, il dit à Olivier :
    "C'est pas beau, ça ?"
    Olivier inclina la tête en signe d'assentiment. L'homme cherchait à l'impressionner et il y parvenait fort bien. Mac fit sauter le revolver et reprit :
    "Il faut toujours tirer le premier !"
    Cette fois, Olivier murmura bêtement "Ah ?" parce qu'il sentait qu'il fallait dire quelque chose. Alors Mac se leva, parcourut la pièce de long en large. Il paradait, il faisait son numéro de cirque, il se redressait, les hanches minces, le torse avantageux, faisant saillir ses muscles, se dandinant comme un gangster de cinéma. Il se lança dans un discours :
    "À ton âge, pauvre pomme, personne n'aurait osé toucher à Mac, personne ! Pas même le vieux... Et j'étais dans un coin où les durs étaient des durs. Pas des demi-sel comme ici. Si tes potes te parlent de Mac, tu diras : "C'est un caïd" Tu entends bien "un caïd !" Répète : "Mac, c'est un Caïd !"
    - Oui, dit Olivier, euh... Mac, c'est un caïd !
    - Debout ! Viens ici ! Oui... là, devant moi, face à face, je vais te montrer des trucs. Écoute-moi bien. Le monde, c'est la jungle. Que des paumés et des salingues ! Les deux mecs, tu pouvais les mettre en l'air comme un rien ! Approche-toi. Vise un peu. Le type est en face de toi... Tu n'attends pas, tu fonces, tête baissée. "Rrrrran !" dans l'estomac. Patiente pas : un coup de genou dans la fiole, ta targette dans ses balloches. Et c'est "out !"
    Et Mac joignait ses gestes belliqueux à ses paroles menaçantes. Il sautait sur place, feintait, jouait du poing, de la tête, des épaules, des genoux, des pieds et les assaillants invisibles tombaient autour de lui. Il les prenait et les jetait très loin, rajustait sa cravate, disait : "À qui le tour ?" Olivier le regardait avec effarement. L'homme semblait en transe, ses mèches brunes et grasses tombant sur son front, il grimaçait, il devenait un gorille, un chat en colère. L'enfant recula, se plaça le dos contre la porte pour lui laisser le plus de place possible.
    Et Mac continuait :
    "... Tu mets tes doigts comme ça (il faisait les cornes) et tu enfonces les yeux de ton ennemi : deux yeux crevés, un festival, Grand-Guignol ! Et un coup de pompe dans le tibia : deux mois d'hosto ! Regarde comme on casse un doigt : "clac !" un coup sec... Les deux qui t'ont attaqué : zéro pointé. Ils frappent graduellement, mais ils ménagent. Suppose que tu sois un saignant. Frappe le premier. Un coup sale, vache, rapido. Ou alors, tu boxes, mais c'est de la science, plus du combat de rue, comme ça..."
    Mac se mettait en garde, protégeant son visage et décrivant les coups qu'il lançait :
    "Un swing, un uppercut, un gauche, au ventre, au menton, une deux trois, un direct du droit. Regarde bien comment je fais... Si tu m'écoutes, tu les dérouilles. "Et ran, et ran, et ran !" Avance un peu, cave, fais comme Mézigue !"
    Olivier commençait à se détendre. Mac l'effrayait moins. Il suffisait de le laisser parler. Comme Albertine, comme Gastounet, comme tous. Il se mit en garde et Mac rectifia sa position, lui apprit un jeu de jambes, une esquive... L'enfant sautillait sur place, imitait les boxeurs qu'il avait vus aux actualités cinématographiques, plaçait bien ses poings.
    "Vas-y, môme, tape sur ma poitrine... "Hop, hop et hop !" je t'en allonge un..."
    Frappé légèrement à la pointe du menton, Olivier sentit la pièce tourner et il tomba à la renverse sur le sommier.
    "Soigneur !" hurla Mac dans un rictus.
    Il se mit à jouer un nouveau rôle, aspergeant l'enfant d'eau froide, lui frottant le visage, lui massant la nuque et les épaules, lui glissant dans la bouche une épluchure de pomme de terre en guise de protège-dents. Quand Olivier se redressa, tout étourdi, Mac saisit une casserole et une cuillère pour imiter un coup de gong.
    "Deuxième reprise !"
    Cette fois, Olivier se garda des coups, se tenant à distance et recevant seulement quelques tapes du plat de la main qu'il supporta stoïquement. Il finit par s'arrêter, essoufflé, en jetant :
    "Je suis fatigué...
    - C'est ça, le coup de pompe, on connaît !" jeta Mac qui lui aussi soufflait un peu.
    Il s'assit sur le sol et, avec un rire hystérique, commença à jongler avec les gants de boxe. Puis, se relevant, il prit un ton plus apaisé, didactique :
    "Tu ouvres la main, tu tends les doigts... le tranchant de la pogne : un vrai sabre ! Et un grand coup à la gorge... "Vlan, bzzzt !" Hors de course. Ton poing au plexus solaire. Là, tu piges ? Plus d'homme !"
    Olivier acquiesçait de la tête, imitant Mac dans ses attitudes. Pourtant, il se sentait maladroit et il savait qu'il ne frapperait jamais personne de cette manière.
    "Un coup de front en plein nez... "Crac !"" faisait Mac et Olivier grimaçait.
    Si Olivier avait frappé un adversaire de cette manière, il aurait souffert de la souffrance de l'autre. Mais il ne voulait pas le montrer à Mac. Alors il serrait les dents, avançait le menton, tentait vainement de se composer un masque cruel que tout en lui démentait : sa blondeur, son innocence, ses regards. Jamais Virginie ne l'avait frappé, pas la moindre gifle, pas la moindre fessée, et il n'aimait pas la bagarre. Ce qu'il aurait voulu, lorsqu'on l'attaquait, c'était seulement maîtriser ses adversaires.
    Mac se démena encore, mais cette surexcitation le laissa abattu, des ombres passèrent dans son regard, sa bouche prit un pli amer, comme s'il doutait de lui-même. Il jeta à l'enfant un regard presque implorant :
    "J'suis terrible, non ? Merde, dis-le que je suis terrible ! T'en as rencontré des types comme moi ? Le pater avec un foie comme une éponge, la mater qui a mis les bouts. Et moi, Mac, vachement baraqué ! Dans la rue, des crevés, rien que des crevés, des crevetons. Mais moi : un caïd, "le Caïd !"
    - Oui, m'sieur ! dit Olivier.
    "Oui, m'sieur, oui, m'sieur !" Tu parles d'une pomme ! Tiens, je t'apprendrai à te servir d'un surin et à viser au ventre en remontant pour faire sortir les tripes du gazier...
    - Oui, Mac", dit Olivier avec une moue de dégoût.
    Mais Mac se recoiffait, boutonnait son col, refaisait son nœud de cravate, se plantait devant un miroir plein de taches de mouches, vérifiait la blancheur de ses dents avec des grimaces de singe, prenait des poses. Olivier le regardait par en dessous, ne sachant s'il devait le craindre, l'admirer ou le mépriser. Il ressentait à la fois une joie furtive et une curieuse amertume. C'était comme s'il venait de vaincre le beau Mac.
    Quand la grosse Albertine voyait passer quelqu'un ne ressemblant pas, par sa démarche, son allure, ses vêtements, aux gens de la rue, quelque étranger, quelque touriste montant vers le Sacré-Cœur, elle disait philosophiquement :
    "On voit du drôle de monde, tout de même !"
    Olivier pensait en regardant Mac : "Du drôle de monde !" Il jeta un regard vers la photographie de Mado. Elle avait un sourire qu'il ne connaissait pas et qui semblait faux comme lorsque les caissières font des amabilités. Il se demanda s'il détestait Mac sans trouver de réponse. Il s'enhardit et demanda avec une pointe d'insolence :
    "Je peux partir, maintenant ?"
    Mais il ajouta bien vite :
    "T'es un caïd, Mac, "le Caid !""
    - Ouais, ouais, fit Mac en balançant les épaules. Gicle, pauvre pomme, et n'oublie jamais la leçon du beau Mac !"
    Olivier ne se le fit pas répéter. Il se jeta sur la porte, l'ouvrit, sortit et dévala l'escalier le plus vite qu'il put, cognant de l'épaule chaque tournant pour prendre un nouvel essor. Quand il se retrouva devant la porte de ses cousins, il tenta de se recoiffer avec les doigts. Jean allait s'apercevoir de quelque chose de peu naturel et Élodie lui dirait :
    "D'où il vient encore, celui-là ? Ah ! il devient un vrai voyou, tu sais, on ne peut plus le tenir. Hou là là... Jésus Marie !"

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